Affaire du théologien suisse : mobilisation grandissante autour de son sort judiciaire

     Affaire du théologien suisse : mobilisation grandissante autour de son sort judiciaire

Posted by on Avr 13, 2018 in Médias

     Affaire du théologien suisse : mobilisation grandissante autour de son sort judiciaire

 

Vidéo de l’épouse, tempête de tweets, pétition… L’incarcération de l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, a fait naître une campagne de protestation et de soutien très active dans les cercles de l’islam militant, mais également du côté des grands recteurs de mosquées.

Une vaque de consolation apportée à la famille de l’islamologue


Depuis plusieurs semaines, les voix de partisans ne cessent de s’élever pour s’émouvoir du traitement judiciaire réservé à l’intellectuel suisse âgé de 55 ans. Inculpé et écroué depuis le 2 février, ils estiment son droit à la présomption d’innocence bafoué et son état de santé négligé.
Demandant sa remise en liberté et clamant son innocence, le conférencier affirme souffrir depuis plusieurs années d’une sclérose en plaques et d’une neuropathie périphérique affectant ses membres inférieurs. Toutefois, la chambre d’instruction avait jugé son état compatible avec sa détention.
Pour protester contre cette décision, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le Palais de la justice. À Casablanca, également, une conférence de solidarité avec le théologien suisse a été organisée en présence de plusieurs figures de l’islam, très connues dans le monde arabe et ailleurs.

Par ailleurs, c’est sur la toile du web qu’on remarque le nombre grandissant des soutiens qui relaient la riposte. Cette dernière s’est élaborée autour du programme ‘‘ Résistance & Alternative ’’ ayant vu le jour en janvier pour favoriser et promouvoir les idées du petit-fils du fondateur égyptien de la confrérie des Frères musulmans. Depuis ses débuts, il a toujours développé un discours et des idées réformistes, quand ses détracteurs y trouvaient lieu à un projet d’islam politique.
Sur sa page Facebook officielle, le comité de soutien a relayé deux vidéos de l’épouse de l’islamologue, Iman Ramadan. Les deux vidéos ont été visionnées près de 700 000 fois pour la première et plus de 160 000 fois pour la seconde.
De plus, le comité a procédé au lancement sur les différents réseaux sociaux (Facebook , Twitter…) des comptes avec le hashtag faisant référence à la libération de l’intellectuel. Une pétition en ligne a été signée par plus de 100 000 intervenants pour la même cause.

La charge de la preuve


Les accusations diffamatoires sont aussi vieilles que l’acte lui-même, et les trois juges chargés de ce dossier le savent bien. Ces derniers devront démêler le vrai du faux en recourant à la confrontation des plaignantes avec l’accusé et en analysant à nouveau et minutieusement les différents témoignages. Dans cette affaire, il ne s’agit pas d’une femme qui aurait été approchée, et qui se serait immédiatement rendue au poste de police pour porter plainte. C’est bien plus compliqué que ça, il s’agit de faits qui remontent à plusieurs années, dont il est très difficile de dire s’il s’agissait d’un acte subit ou librement consenti entre adultes.
Après plus de cinq ans, il n’y aura probablement plus d’images de vidéo-surveillance, plus de témoins directs, plus d’historique des conversations téléphoniques. Ça sera la parole de l’un contre la parole de l’autre, voire même la parole de plusieurs contre celle de l’accusé. En l’absence de preuves concrètes et valides, cela ne restera que des accusations non fondées.